Retour sur... Juventus-Inter 1-1
L'un des grands classiques de la Péninsule était de nouveau à l'affiche dans un stadio Olimpico des grands soirs. 25 mois après la dernière visite interista dans la cité piémontaise (victoire turinoise 2-0), de l'eau a coulé sous le pont. Des fleuves d'encre ont également été déversés sur les journaux, Calciopoli oblige. La Juve est sortie du purgatoire de la Série B, affichant une belle solidarité. L'Inter s'est débarrassée de son étiquette d'éternel second, s'adjugeant deux Scudetti et une Coppa Italia. Deux Juventini sont également passés à l'ennemi. Vieira blessé, Ibrahimovic fut la première cible des sifflets stridents de l'Olimpico. Chacune des deux formation a eu le mérite de bien préparer la rencontre. La Juve a disposé d'Empoli (3-0) tandis que l'Inter s'est promenée face au Genoa (4-1). Ranieri opte pour le 4-4-2 : Molinaro prend le couloir gauche, Grygera se place à droite. Chiellini et Legrottaglie forment la charnière centrale, Cristiano Zanetti et Nocerino sont à la récupération. Palladino et Nedved se chargent de l'animation derrière le duo Del Piero-Trezeguet. Mancini peut compter sur le retour de Julio Cesar dans les buts. Maicon et Chivu prennent les couloirs, Cordoba et Samuel sont au centre. Javier Zanetti et Cambiasso sont titularisés au milieu. Figo et Cesar sont les créateurs dans cette équipe, derrière Ibrahimovic et Cruz.
L'intensité prévue est bien au rendez-vous. La Juve met beaucoup de volonté dans les premières minutes. Chahuté par Cordoba, Del Piero réclame même un pénalty. Les bianconeri montrent bien les dents, souhaitant marquer leur territoire. De l'engagement à l'agressivité, il n'y a qu'un pas que Nocerino franchit allègrement. Le Napolitain est rapidement averti. Le collectif nerazzurro se met alors progressivement en marche, jouant avec les nerfs d'une Juventus accrocheuse. L'axe étant bouché, les offensives arrivent de part et d'autre des couloirs... Ou des coups de pied arrêtés : Buffon boxe un coup-franc de Chivu avant que Julio Cesar ne dévie en corner celui de Del Piero. Nedved oublie ses partenaires à deux reprises, préférant tenter sa chance des 20 mètres. sans réussite. Nocerino et Zanetti se montrent performants lors des phases défensives mais ne parviennent pas à relier le milieu et l'attaque. Trezeguet joue le rôle de l'ermite mais Palladino se montre actif sur son côté, faisant apprécier sa finesse technique. En face, Figo et Cesar parviennent à trouver leurs attaquants mais l'arrière-garde bianconera joue activement le hors-jeu. Le pressing des Turinois se fait moins persistant, l'Inter en profite pour ouvrir le score à la 41ème minute. Cesar ouvre idéalement pour Cruz, parti dans le dos de la défense. "El Jardinero" contrôle de la poitrine et peut s'en aller ajuster Buffon du droit. L'Argentin profite d'un alignement approximatif de Grygera pour signer son 5ème but en 8 rencontres. Les 3000 tifosi nerazzurri exultent. Le Tchèque dégage ensuite un ballon sur le pied de Figo qui lance immédiatement Ibrahimovic, parfaitement aligné. Le Suédois, gêné par le retour désespéré de Chiellini et la sortie de Buffon, ne peut cadrer son tir.
La Juve compte bien revenir au score mais peine à remonter rapidement le terrain. Nedved et Del Piero ne sont pas à la hauteur de l'événement, Molinaro et Grygera apportent peu de soutien sur les côtés. Les cartouches se font rares. Trezeguet a bien le cadre en ligne de mire mais abat un pigeon en plein vol. Samuel et Cordoba forment un axe solide, Cambiasso bétonne au milieu. Molinaro se retrouve ensuite à terre, Julio Cesar décide justement de temporiser. Monsieur Rocchi avertit le Brésilien pour gain de temps, mais se ravise suite à l'explication de Ranieri. Un geste exemplaire au beau milieu d'une rencontre tendue mais correcte dans l'esprit... Jusqu'à la minute suivante : un coup de crampon de Nedved contraint Figo à sortir sur civière (une fracture du péroné a été diagnostiquée). Le Portugais est remplacé par Burdisso, dans le but de tenir le score. Averti, le Tchèque est logiquement remplacé par Iaquinta. Chivu frappe un puissant coup-franc que Buffon repousse dans les pieds de Cambiasso. "El Cuchu" met la balle au fond mais le but est refusé à juste titre pour une poisition de hors-jeu. Suazo remplace Cruz. Sur un contre foudroyant, l'Hondurien s'échappe et réussit à tenir debout autour de quatre défenseurs pour décaler Ibrahimovic. "Ibra" arme son pied droit, Buffon repousse. Maicon s'infiltre dans la surface avant de buter sur Chiellini. Très décevant, Del Piero doit céder sa place à Camoranesi. Le champion du Monde rentre immédiatement dans le vif du sujet, dribble Cambiasso pour trouver Iaquinta en profondeur. L'ancien de l'Udinese prend la défense à revers en servant Trezeguet en retrait. La passe est déviée in extremis par Cordoba, Julio Cesar doit effectuer une claquette. L'intensité ne faiblit pas. Cambiasso lance verticalement Cesar qui centre à ras de terre pour Suazo. L'ancien buteur de Cagliari se jette bien mais Buffon anticipe parfaitement. L'Hondurien a faim de buts et cadre ensuite une violente frappe du gauche. Sur l'aile, Palladino se joue de Maicon et centre au second poteau pour Iaquinta. La remise de la tête pour Camoranesi est parfaite, la frappe de l'Italo-Argentin est légèrement déviée par Samuel. Les filets tremlent. Libéré, l'Olimpico peut laisser éclater sa joie. Iaquinta-Camoranesi : une paire de jokers gagnante, décisive et percutante. Le dernier quart d'heure est très disputé, malgré une fatigue évidente de chaque côté. Le score ne bougera plus. La Juve fait preuve d'abnégation et arrache un nul assez mérité si l'on se réfère à l'envie et à la générosité affichées. Supérieure techniquement et physiquement, l'Inter passe tout près de la victoire, regrettant de ne pas avoir pu tuer le match. 4ème, la Juve est maintenue à distance mais l'Inter sent le souffle de la Fiorentina dans son dos. Les Milanais n'ont que deux points d'avance sur les Toscans.